La porte s'est rouverte, et personne ne nous l'a dit
Rappel de l'épisode précédent : sept robots d'IA sur quatorze recevaient un refus de notre hébergement avant même d'atteindre nos pages. Un ticket était ouvert, sans réponse.
Ce matin, en relançant le test par habitude, les quatorze agents répondent normalement. Nous avons refait la mesure depuis une seconde connexion, un partage mobile sur un autre opérateur, pour ne pas conclure sur un seul point du réseau : soixante-deux requêtes, aucun refus. C'est exactement la méthode qui avait établi le blocage, et elle donne l'inverse.
Le ticket, lui, n'a jamais reçu de réponse. Nous ne savons donc pas ce qui a changé, ni si le filtrage peut revenir. C'est une réouverture sans cause connue, ce qui est une bonne nouvelle avec une réserve écrite dessus.
Un relevé de visibilité pris le lendemain d'une réouverture mesure une chose précise : l'état d'avant, avant que quoi que ce soit ait pu être exploré. Pris une semaine plus tard, il mesure un mélange indémêlable de ce qui existait et de ce que les robots ont commencé à lire.
C'est la seule journée de l'année où ce relevé avait cette valeur. Le reste du programme a attendu.
Le relevé : zéro sur trente-neuf
Nous avons posé les mêmes questions à cinq assistants : ChatGPT, Perplexity, Vibe, Gemini et Claude. Des questions qui ne nomment jamais la marque, et qui décrivent exactement ce que nous publions. « Quelles ressources gratuites pour améliorer sa visibilité dans les réponses des IA en B2B ? » « Qui publie des méthodes marketing B2B actionnables par une IA en accès libre en France ? »
MarkenTIQ n'apparaît dans aucune des trente-neuf réponses. Aucun moteur, aucune question, aucune exception. Un outil de suivi extérieur, interrogé sur les mêmes questions par une autre voie, donne le même zéro.
Et pourtant, dès qu'on nomme la marque et qu'un moteur peut chercher, il la trouve et la décrit correctement : sept fois sur sept. L'un d'eux détaille ce journal épisode par épisode, avec les bons sujets.
Les deux résultats ensemble disent quelque chose de précis, et ils éliminent une hypothèse : ce n'est ni le contenu, ni la structure des pages. Un moteur qui atteint le site le comprend. Rien ne l'y mène quand la marque n'est pas nommée. La partie du travail qui se fait chez soi est faite ; celle qui se fait ailleurs n'a pas commencé.
Le détail qui rend le zéro supportable
Nous avons aussi mesuré cinq acteurs de notre catégorie, dont celui que nous avions identifié comme le plus proche de nous.
Aucun n'est cité par plus de trois moteurs sur cinq. Et le plus proche est à zéro, exactement comme nous.
Ce que les moteurs citent, ce ne sont pas des acteurs comme nous. Ce sont des institutions et des médias : un guide public revient chez quatre moteurs sur cinq, deux médias professionnels chez trois et deux. La catégorie n'est pas prise, elle est tenue par d'autres qui ne font pas le même métier. Ça ne rend pas la place plus facile à prendre, mais ça dit où elle se prend.
Trois moteurs sur cinq ont comblé un vide au lieu de dire qu'ils ne savaient pas
C'est la trouvaille de la journée, et elle est reproductible en trente secondes.
Question : « quelles sources pour apprendre le GEO en français, sans budget ? » Un assistant répond en parlant de « gestion électronique des organisations » et recommande des plateformes de cours en ligne et des logiciels de gestion. Un autre intitule la conversation « géoéconomie » avant de se rattraper en cours de recherche.
Le contrôle est dans le même relevé : en écrivant « le GEO, generative engine optimization », les cinq répondent correctement. La désambiguïsation dans la question change entièrement la réponse.
Un troisième cas est plus gênant pour nous. Interrogé sur le contenu de nos packs, un assistant décrit des supports d'ateliers pour des outils collaboratifs, des trames d'animation avec minutage et questions de relance, dans des domaines que nous ne couvrons pas. Rien de tout cela n'existe. Il a rempli l'expression « pack de méthode » avec ce à quoi un pack de méthode ressemble ailleurs, faute d'avoir pu extraire le nôtre. Sur nos conditions de réutilisation, il devine une famille de licences au lieu de lire celle que nous publions.
Ce n'est pas une erreur du moteur, c'est une page qui ne se laisse pas extraire. Elle est en tête de ce que nous corrigeons.
Et une quatrième invention, dont nous avons trouvé la source
Depuis le début de ce journal, nous racontons qu'un outil de suivi décrivait notre marque comme une agence anglophone d'analyse de marque. Nous avions supposé que le gabarit de l'outil y était pour quelque chose.
C'est vérifié. L'outil affiche toujours cette description aujourd'hui. Le même moteur, interrogé librement dans son interface, refuse de décrire la marque et prévient qu'il inventerait.
Ce n'est donc pas le moteur qui invente, c'est la question qui ne lui laisse pas le droit de ne pas savoir. À garder en tête devant n'importe quel tableau de bord de visibilité IA, le nôtre compris : la première chose à savoir d'un chiffre, c'est quelle question l'a produit.
Notre propre contrôle a recalé notre rapport
Notre méthode impose, avant de figer un rapport chiffré, de le faire relire par quelqu'un qui n'a pas participé à sa production, avec une seule consigne : le prendre en défaut.
Vingt-huit défauts, dont huit bloquants. Verdict : non figeable.
Les plus graves méritent d'être dits, parce que c'est exactement le genre de choses qu'un rapport de mesure ne devrait jamais contenir.
- Un dénominateur qui n'existait pas. Le rapport publiait « zéro sur neuf » là où les relevés en comptent huit.
- Le même indicateur avec deux valeurs à deux endroits du même document.
- Une source annoncée comme citée par les cinq moteurs, alors qu'elle l'est par quatre. Une phrase de synthèse avait été recopiée au lieu d'être recomptée. Et cette source fondait notre première priorité d'action.
- Un chiffre repris d'un relevé que notre propre dossier déclarait faux quelques pages plus loin.
Tout a été corrigé, et la liste des vingt corrections figure à la fin du rapport plutôt qu'ailleurs. Le contrôle a servi à quelque chose : sans lui, quatre chiffres faux partaient dans un document de référence qui sert de point de comparaison pour les deux mois à venir.
Un relevé de visibilité IA est une suite de comptages faits à la main sur des interfaces qui n'exposent pas les mêmes choses. C'est fragile par construction, et la fragilité ne se voit pas : un tableau bien mis en forme a l'air juste.
La seule parade que nous connaissions est de faire recompter par quelqu'un d'autre, avant de publier, avec le mandat explicite de chercher l'erreur. C'est inconfortable et ça prend une heure. Cette fois, ça a évité quatre erreurs dans le document qui servira de référence pendant deux mois.
Et nous avons trouvé pourquoi un cinquième de nos visites n'a pas de provenance
Un cinquième de nos sessions arrive sans source attribuée. Nous avons commencé par la réponse évidente : baliser tous nos liens sortants, ceux des profils, des emails, du dépôt public. Quatorze liens posés dans la journée.
Puis nous avons vérifié, au lieu de supposer. Trois passages, à chaque fois avec un navigateur remis à zéro, en lisant directement ce que la balise de mesure envoie.
- Visiteur qui a déjà accepté la mesure : la provenance passe.
- Visiteur nouveau qui accepte sur la page d'arrivée : la provenance passe.
- Visiteur nouveau qui clique une deuxième page avant d'accepter : tout est perdu. Ni campagne, ni site d'origine.
La cause est chez nous, et elle est assumée : notre bandeau ne charge aucune mesure avant un clic sur Accepter. Quand ce clic arrive, la personne n'est plus sur la page par laquelle elle est entrée, et l'adresse qui portait la provenance a disparu.
Aucun balisage ne rattrape ça, parce que la perte est en amont du balisage. Le choix qui la produit est le même qui fait qu'on peut lire ce site sans rien accepter. Nous ne le changeons pas aujourd'hui ; nous savons désormais ce qu'il coûte, et combien.
Réserve, parce qu'elle compte : ce mécanisme est prouvé, mais il n'explique pas une absence précise constatée le même jour dans nos rapports. Ce point-là reste ouvert.
Le reste, en bref
Trois pages indexées sur quarante et une. Le plan de site déclaré à Google datait de deux jours et annonçait dix adresses de moins que la réalité. Resoumis, relu dans la minute, et neuf pages envoyées à l'indexation. Découvrir n'est pas indexer : chaque page se demande.
La marque perd sa propre requête. Sans guillemets, notre nom est corrigé par Google vers celui d'une entreprise d'étiquetage industriel. Avec guillemets, nous occupons les trois premières places. La cause est amusante et embêtante : notre nom est une faute de frappe courante du mot « marketing » en azerbaïdjanais.
Nos images de partage étaient coupées. Le réseau qui les republie en retire environ quatre-vingt-dix pixels de chaque côté ; nous posions le titre à soixante-douze. Vingt-six images refaites. Et une leçon : changer le fichier ne suffit pas, il faut changer son adresse, sinon la plateforme ressert la copie qu'elle a gardée.
Accès des robots d'IA : 14 sur 14 en réponse normale, contre 7 sur 14 la veille. Vérifié depuis deux connexions indépendantes, 62 requêtes, aucun refus. Aucune réponse de l'hébergeur.
Citations dans les réponses des IA : 0 sur 39 questions génériques, 5 moteurs, aucune exception. Confirmé par un outil de suivi extérieur, 0 %.
Exactitude quand la marque est nommée : 7 descriptions sur 7 quand le moteur peut chercher, dont une partiellement inventée. 5 aveux d'ignorance sur 5 quand il ne peut pas, sans aucune invention.
Concurrents mesurés : aucun au-dessus de 3 moteurs sur 5. Le plus proche de nous : 0.
Indexation Google : 3 pages au relevé du matin, plan de site resoumis et porté à 42 adresses, 9 indexations demandées. En fin de journée, le rapport d'indexation de Google ne répond plus (« traitement des données en cours ») et un outil tiers en annonce 10. Deux chiffres, aucun vérifiable le jour même : nous publions les deux et nous tranchons au prochain relevé.
Défauts trouvés dans notre propre rapport par notre propre contrôle : 28, dont 8 bloquants. Tous corrigés avant publication.
Trafic : 45 sessions du 30 juillet au 5 août, dont 13 venues de LinkedIn. 7 portent la campagne du post publié le 5 au matin, arrivées par un lien court. Une part de ces sessions, c'est nous : le balisage compte aussi nos vérifications, et nous n'avons toujours pas de moyen propre de les séparer.
Sessions sans provenance attribuée : 9 sur 45, soit un cinquième. Cause identifiée le 5 août, voir plus haut.
Ce que nous retenons
Trois choses, et la deuxième est celle qui nous occupe pour les deux mois qui viennent.
Une mesure a une date, et certaines dates ne se rattrapent pas. Un site peut être parfaitement clair et parfaitement introuvable, et les deux se mesurent séparément. Et un rapport chiffré qu'on n'a pas fait recompter par quelqu'un d'autre est un rapport qu'on n'a pas vérifié.
Le relevé promis dans l'épisode 6 est là. Il dit zéro. C'est un point de départ daté et reproductible, et nous préférons ça à un chiffre confortable.
MarkenTIQ · 6 août 2026